Depuis le 1er janvier 2021, étudier au Royaume-Uni exige un visa étudiant au-delà de six mois, des frais de scolarité au tarif international et exclut du programme Erasmus+ 2021-2027, dont le retour est prévu en 2027. Les étudiants déjà inscrits avant le 31 décembre 2020 conservent des droits transitoires spécifiques. Pour approfondir : Le visa étudiant et le travail en france : droits et plafonds.
Un dossier m'a marquée : une étudiante inscrite à Manchester en septembre 2020, persuadée que son statut resterait celui d'une Européenne. Elle a découvert son pre-settled status trois ans plus tard, en pleine recherche d'emploi post-diplôme. Depuis quinze ans, j'accompagne des familles françaises vers le Royaume-Uni, et le Brexit a rebattu des cartes que beaucoup ignorent encore. Pour approfondir : L’Université d’Oxford vaut-elle le choix pour étudier au Royaume-Uni ?.
Étudier au Royaume-Uni après le Brexit : ce qui a vraiment changé
Le 1er février 2020 marque la sortie officielle du Royaume-Uni de l'Union européenne, sous l'impulsion du Premier ministre Boris Johnson, en poste de 2019 à 2022, qui signe l'accord de retrait négocié côté européen par Michel Barnier. Une période de transition s'ouvre alors jusqu'au 31 décembre 2020 : durant ces onze mois, rien ne change concrètement pour les étudiants français déjà installés ou en projet de mobilité, le temps que chacun anticipe la relation future entre les deux blocs. Le 24 décembre 2020, un accord de commerce et de coopération est trouvé entre l'Union européenne et le Royaume-Uni, et depuis le 1er janvier 2021, ce texte fixe les règles applicables aux relations bilatérales, y compris pour l'enseignement supérieur.
Pour un lycéen ou un étudiant français qui prépare aujourd'hui un dossier britannique, trois évolutions structurent désormais tout le parcours, et je les rappelle systématiquement en premier rendez-vous : un visa étudiant devient obligatoire au delà de six mois de séjour, le Royaume-Uni sort du programme Erasmus+ pour la génération 2021-2027, avec un retour officiel annoncé à la rentrée 2027, et les frais de scolarité basculent sur la grille internationale hors accord de partenariat entre établissements. Ces trois points conditionnent tout le reste de la préparation, du budget au calendrier de dépôt.
Le visa étudiant pour étudier en Angleterre depuis le Brexit
La règle est simple à énoncer, moins simple à anticiper dans les délais : pour un séjour d'études inférieur à six mois, un passeport en cours de validité suffit, aucun visa n'est exigé. Au delà de ce seuil, la démarche passe par gov.uk/student-visa, avec une demande de Student visa qui peut être déposée jusqu'à six mois avant le début du cursus. L'erreur que je vois revenir chaque année chez les familles que j'accompagne, c'est de sous-estimer la surcharge santé du NHS, réglée au moment de la demande de titre de séjour mais remboursable sur demande ultérieure auprès des autorités britanniques.
- Vérifier la durée réelle du séjour : moins de six mois, passeport seul suffit ; au delà, Student visa obligatoire.
- Déposer la demande de visa jusqu'à six mois avant la rentrée, via gov.uk.
- Prévoir le règlement de la surcharge NHS lors de la demande de titre de séjour, remboursable sur demande.
- Pour un étudiant déjà titulaire du pre-settled status : ne pas s'absenter du Royaume-Uni plus de six mois sur une période de douze mois, sous peine de compromettre la conversion en settled status.
- Réunir passeport valide, lettre d'admission et justificatifs financiers avant tout dépôt sur le Settlement Scheme.
Ce parcours concerne toute nouvelle inscription depuis 2021 ; les étudiants installés avant le Brexit relèvent d'un régime bien différent, que je détaille plus loin à partir de dossiers réels.

Erasmus+ et frais de scolarité pour étudier au Royaume-Uni
Erasmus+ n'a pas disparu du jour au lendemain pour les étudiants engagés avant le Brexit. Pour l'ensemble des projets relevant de la génération 2014-2020 du programme, le Royaume-Uni demeure un pays participant, sous réserve des conditions de circulation en vigueur depuis le 1er janvier 2021 : une mobilité lancée avant la bascule pouvait donc se poursuivre sans rupture. La situation change radicalement pour la génération suivante, puisque l'accord de commerce et de coopération ne prévoit aucune participation britannique au programme Erasmus+ 2021-2027, sauf activités ouvertes aux partenaires internationaux, comme les masters conjoints Erasmus Mundus. Le Royaume-Uni a toutefois annoncé sa réintégration officielle dès la rentrée 2027, six ans après sa sortie du dispositif.
Sur le plan financier, le changement se lit directement dans les factures d'inscription : à partir de l'année universitaire 2021/2022, tout étudiant de l'Union européenne rejoignant une université britannique hors mobilité encadrée par un partenariat entre son établissement d'origine et l'établissement d'accueil doit régler les frais de scolarité internationaux, et non plus le tarif préférentiel réservé aux résidents européens. Beaucoup de familles découvrent cet écart au moment du dossier plutôt qu'en amont, ce qui déséquilibre le budget prévisionnel. Reste un point technique que brexit.gouv.fr signale sans le trancher pour tous les cas : la reconnaissance des crédits ECTS acquis pendant un semestre britannique varie selon que le cursus a débuté avant ou après le 1er janvier 2021, ce qui impose de vérifier auprès du service des relations internationales de son établissement d'origine.
Étudiants déjà installés au Royaume-Uni avant 2021 : quels droits transitoires
Un étudiant inscrit à Manchester à la rentrée 2020 n'a pas le même parcours administratif qu'un candidat qui postule aujourd'hui, et c'est précisément le point que beaucoup de familles ratent. L'accord de retrait prévoit des dispositions spécifiques pour les citoyens européens installés au Royaume-Uni avant le 31 décembre 2020, dispositions qui s'appliquent aussi aux étudiants : ceux qui ont poursuivi leur cursus au delà de cette date étaient invités à demander le statut pre-settled du Settlement Scheme for EU citizens, une démarche qui évite ensuite les frais et les lourdeurs d'un visa classique. En quinze ans d'accompagnement de dossiers vers le Royaume-Uni, j'ai vu trop d'étudiants attendre d'avoir une certitude totale avant d'agir : mon conseil est resté constant, déposer la demande de pre-settled status avant l'échéance du 30 juin 2021 quand elle s'appliquait encore, et à défaut régulariser sans tarder dès que l'éligibilité se confirme. Pour approfondir : Comment sécuriser son visa étudiant pour l’Angleterre.
Le flou administratif touche particulièrement la Carte européenne d'assurance maladie. Un étudiant ayant débuté son cursus avant le 31 décembre 2020, avec des études s'achevant en 2023, se demande légitimement s'il peut continuer à utiliser sa CEAM au Royaume-Uni : etudiant.gouv.fr recommande de traiter ces situations au cas par cas, la réponse dépendant de la date d'entrée, du renouvellement du titre de séjour et de la nature exacte du cursus. Autre point souvent oublié : les étudiants boursiers sur critères sociaux, inscrits sans interruption depuis un cursus commencé au Royaume-Uni en 2020/2021 ou avant, bénéficient de dispositions transitoires qui maintiennent leur bourse jusqu'à la fin des études. Ces protections ne concernent en revanche aucun nouvel inscrit depuis 2021, qui relève entièrement du droit commun, visa payant et frais internationaux compris. Pour approfondir : Oxford au Royaume-Uni se découvre comme ville d’études.
À retenir avant de lire
Le Royaume-Uni reste accessible, mais plus au même prix ni dans les mêmes délais qu'avant 2021. Vérifiez votre éligibilité au visa étudiant, chiffrez le coût réel hors Erasmus+, et si votre inscription date d'avant 2021, faites contrôler votre statut de résidence sans attendre la fin de vos études.
Actualisé le 08.11.2026
